Derrière chaque sourire retrouvé, il y a une histoire. Celle d’Annie Girard en est une de passion, de résilience et d’humanité. Depuis plus de deux décennies, elle incarne la psychoéducation au cœur du quotidien des gens, avec une conviction : chaque intervention peut changer une vie.
Un parcours professionnel guidé par la découverte et l’amitié
Originaire de Chicoutimi, Annie Girard n’avait pas de plan de carrière précis lorsqu’elle a quitté sa région pour poursuivre des études universitaires. Son objectif était simple : explorer de nouveaux horizons. Ce qui commença comme une curiosité s’est transformée en une passion profonde au fil des cours et des stages en psychoéducation. Elle ira même jusqu’à compléter une maîtrise, bien que non obligatoire à l’époque, signe d’un engagement grandissant.
Durant ses études, Annie découvre la richesse des clientèles et la diversité des approches d’intervention, qui la séduisent au point de faire de cette discipline son métier. « Au départ, ce n’était pas une carrière que je souhaitais faire absolument », confie-t-elle. Mais la passion s’installe peu à peu, jusqu’à devenir une évidence.
C’est à Sherbrooke qu’Annie fait une rencontre déterminante : Isabelle Banville, qui deviendra une amie proche et la personne qui lui ouvrira les portes du Groupe Évie. Isabelle travaillait déjà pour Jean-Pierre Robin, fondateur des Consultants en réadaptation du Québec (devenu Groupe Évie), et lorsque celui-ci a souhaité agrandir son équipe, elle a recommandé Annie. Cette rencontre marque le début d’une carrière exceptionnelle au sein d’une organisation pionnière en santé mentale au Québec, où Annie a trouvé sa place et son épanouissement.

Deux décennies de passion : flexibilité, diversité et reconnaissance
Après 22 ans, Annie Girard conserve la même flamme qu’à ses débuts. Pour elle, deux éléments expliquent cette longévité : la flexibilité et la variété. La liberté d’organiser son horaire lui a permis une conciliation travail-famille précieuse, mais c’est surtout la diversité des milieux d’intervention qui nourrit sa passion.
« Il n’y a pas une journée pareille », affirme-t-elle. Une journée peut commencer par une marche dans un parc, se poursuivre à la bibliothèque, puis dans un centre d’hébergement ou une banque. Elle raconte avoir accompagné une personne âgée dans un club de l’âge d’or, fait du bénévolat avec une cliente et même partagé la cabine d’un opérateur de métro. Cette richesse humaine contraste avec le travail en bureau, qu’Annie savait dès ses études ne pas être fait pour elle.
La pandémie a bien sûr transformé les pratiques, avec l’essor de la téléintervention, mais l’essence de son travail est restée intacte : être au cœur du quotidien des gens pour les aider à retrouver leur équilibre.

Le “vécu partagé” : une philosophie de cœur et des débuts mémorables
Ce qui a véritablement conquis Annie dans la psychoéducation, c’est la richesse des clientèles et la diversité des interventions, loin des murs d’un bureau traditionnel. Elle décrit le travail au Groupe Évie comme l’incarnation parfaite du « vécu partagé », cette approche où l’on accompagne les individus au cœur de leur quotidien.
Pourtant, les débuts furent empreints d’appréhension. Fraîchement diplômée, l’autonomie des interventions et la nécessité de se rendre directement chez les clients représentaient un défi stimulant. Annie se souvient avec un sourire des péripéties pratiques, comme la conduite sur les routes de plusieurs régions sans GPS, armée de cahiers de cartes routières. « Je surlignais mes trajets la veille », raconte-t-elle en riant.
Dans ces premières années, le soutien indéfectible de Jean-Pierre Robin, qu’elle considère comme un mentor, a été essentiel pour l’aider à prendre confiance et surmonter les craintes initiales, notamment lors des rencontres avec les référents. Cette relation privilégiée lui a permis de développer ses compétences et de s’épanouir dans une approche qui allait devenir sa signature professionnelle.
Ces moments qui donnent un sens au métier
Dans un métier où l’on côtoie quotidiennement la détresse humaine, ce sont les moments de transformation qui nourrissent la motivation des intervenants. Annie en a accumulé une multitude au fil des années, chacun renforçant sa conviction d’avoir choisi la bonne voie.
Elle se souvient particulièrement d’une cliente en dépression majeure qui pleurait abondamment lors des premières rencontres. « Récemment, je l’ai vue sourire puis rire pour la première fois. Ça fait ma journée, mon mois », confie-t-elle. Ces petites victoires, apparemment modestes, représentent en réalité des tournants majeurs dans la vie des personnes accompagnées.
Un autre moment marquant impliquait une femme qui avait développé une peur intense d’un endroit très fréquenté. Après un travail progressif d’exposition, elles ont finalement atteint ce lieu. « Elle a levé les bras dans les airs, puis elle s’est écriée : “Yes, je suis là ! Je me suis rendue!” C’était vraiment touchant de voir ça. »
Ces instants où l’on voit « l’étincelle dans les yeux », comme le dit Annie, sont le moteur de son engagement. Ils résument l’impact réel de son travail : accompagner des personnes à reprendre le contrôle sur leur vie, à reconnecter avec leurs intérêts abandonnés, à retrouver leur routine et leur place dans la société. Dès le départ, elle explique à ses clients qu’ils vont faire équipe pour aller mieux. Rien n’est imposé : elle propose, suggère et guide, toujours dans le respect de leur rythme, en misant sur leurs forces pour avancer, un pas à la fois. Et quand, en fin de suivi, ils lui disent qu’elle les a aidés, sa réponse est toujours la même : « C’est vous qui avez fait tout le travail ».
Pour Annie, le lien de confiance est la pierre angulaire de toute intervention. « Si on n’a pas ça, on a beau travailler dans plusieurs sens, ça ne va pas fonctionner », affirme-t-elle. Ce lien, construit avec patience et authenticité, est ce qui rend possible ces transformations profondes et durables.

Quand le karaoké devient thérapeutique : créativité et adaptabilité en action
Parmi les nombreuses interventions qu’Annie a menées, une se démarque particulièrement et illustre parfaitement la créativité et l’adaptabilité requises en psychoéducation. Elle accompagnait un client qui avait délaissé le chant, une activité qui lui tenait pourtant à cœur. Pour l’aider à renouer avec cette passion, Annie a proposé de chanter en duo.
« Il me disait : Ah, mon Dieu, je n’aurais jamais pensé faire ça avec ma psychoéducatrice, chanter du karaoké dans mon salon. » Cette intervention, aussi cocasse qu’elle puisse paraître, a eu un impact profond. « C’était drôle, mais c’était vraiment très touchant aussi », se souvient Annie. Ce moment a permis au client de retrouver une part de lui-même.
Cette anecdote, qu’Annie a d’ailleurs partagée lors de la journée annuelle du Groupe Évie, illustre un principe fondamental de son approche : oser sortir de la boîte et de sa zone de confort pour créer des expériences significatives.
Annie mise aussi sur l’humour pour instaurer un climat léger et sécurisant, une fois le lien de confiance établi. « Ça détend l’atmosphère et ça amène la personne à s’ouvrir », explique-t-elle. Cette capacité à allier créativité et professionnalisme est devenue l’une de ses forces au fil des années.
Un avenir prometteur et une société plus ouverte
Après plus de deux décennies au sein du Groupe Évie, Annie porte un regard résolument optimiste sur l’avenir de la profession et de l’organisation. « Il n’y a aucun doute qu’il y a de l’avenir pour le Groupe Évie », affirme-t-elle avec conviction.
Elle observe une diversification des services qui enrichit l’offre sans jamais dénaturer l’essence de l’approche. L’intervention à domicile demeure le cœur de la pratique, mais s’y sont ajoutées la téléintervention, des formations variées au Québec et en France, et plus récemment des services de bien-être au travail. Ces « petites ramifications », comme elle les appelle, élargissent la portée de l’organisation tout en préservant ses valeurs fondamentales : cultiver la dignité et la vitalité, un être humain à la fois.
En parallèle, Annie constate une évolution majeure dans la perception sociale de la santé mentale. « On en parle tellement », souligne-t-elle, et cela se reflète dans l’ouverture des clients. Les suivis au Groupe Évie sont volontaires, la déstigmatisation progressive facilite la création du lien de confiance et réduit les résistances initiales, rendant l’accompagnement plus efficace.
Ces changements, à la fois organisationnels et sociétaux, confirment pour Annie que la psychoéducation a un rôle essentiel à jouer dans les années à venir. Et si l’avenir s’annonce prometteur, il repose avant tout sur la force des liens humains et la capacité d’adaptation des intervenants.
Reconnaissance et sentiment d’appartenance : des piliers essentiels
Dans un métier aussi exigeant émotionnellement que la psychoéducation, la reconnaissance et le sentiment d’appartenance jouent un rôle crucial pour maintenir la motivation et la satisfaction professionnelle.
Pour Annie, les journées annuelles du Groupe Évie sont des moments forts. « C’est super apprécié. C’est un moment de rassemblement qui fait du bien à tout le monde », explique-t-elle. Ces événements permettent aux psychoéducateurs, souvent en intervention autonome, de se retrouver, d’échanger et de célébrer leur travail collectif. « Je pense que c’est une belle reconnaissance de notre travail aussi, de nous offrir cette opportunité-là », ajoute-t-elle.
Mais la reconnaissance ne se limite pas à ces rencontres. Elle se vit au quotidien, dans les interactions entre collègues qui prennent des nouvelles les uns des autres, créant un réseau de soutien informel mais essentiel. Cette culture organisationnelle, où le bien-être de chacun est une préoccupation réelle, reflète les valeurs que le Groupe Évie promeut auprès de ses clients.
Au-delà de son rôle clinique, à certains moments depuis ses débuts, Annie a eu la chance de s’impliquer dans des projets variés comme la rédaction d’un article, donner une conférence à des étudiants en psychoéducation, contribuer au comité social et co-écrire Le filtre de la réalité avec Isabelle Banville et Jean-Pierre Robin. « Je n’aurais pas pensé être auteur un jour », confie-t-elle avec fierté.
Cette possibilité de diversifier ses activités, d’explorer différentes facettes de la profession, enrichit son expérience et prévient l’épuisement. « Le Groupe Évie offre ça aussi. Si on veut s’impliquer ailleurs selon nos intérêts et nos disponibilités c’est possible, comme avec des charges de projet ou divers comités par exemple. « C’est le fun d’avoir des extras aux tâches plus cliniques », souligne Annie.
Après 22 ans de carrière, Annie incarne la réussite d’un parcours aligné avec ses valeurs et ses forces. Son témoignage révèle qu’une carrière durable repose sur plusieurs piliers : flexibilité, variété, soutien clinique, reconnaissance et conviction profonde que chaque intervention contribue à cultiver la dignité et la vitalité d’un être humain.
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