Quand une expertise locale devient un modèle international. L’AAPIP (Approche d’Accompagnement de Proximité d’Inspiration Psychoéducative) du Groupe Évie est née d’une rencontre improbable et s’est transformée en un projet qui change des vies, en France comme au Québec. Découvrez comment cette initiative a franchi les frontières pour inspirer de nouvelles pratiques professionnelles.
De Longueuil à Paris : la naissance d’un partenariat psychoéducatif

L’histoire de l’AAPIP (Approche d’Accompagnement de Proximité d’Inspiration Psychoéducative) ne commence pas dans une salle de conseil, mais autour d’une table de restaurant à Longueuil, par une journée pluvieuse de novembre 2016. Marc Prenevost, président du Groupe Évie, retrouve des collègues français du Réseau francophone en déficience sensorielle et du langage. La conversation prend vite une tournure inattendue.
« Plus je leur expliquais notre approche — regarder les capacités avant les incapacités, intervenir dans le milieu naturel, faire avec plutôt que faire pour — plus leur intérêt grandissait », se souvient Marc. À la fin du repas, la demande est claire : « Il faut que tu nous fasses une formation sur ton approche. »
Ce projet n’est pas né d’une stratégie d’expansion internationale, mais d’une réponse à un besoin exprimé par des partenaires de confiance. Cette distinction est essentielle : l’AAPIP a été co-construit avec eux, notamment le Réseau francophone et la Fédération nationale des mutualités françaises.
Entre 2017 et 2018, les équipes québécoises et françaises travaillent à définir les besoins. Pendant que les partenaires cherchent du financement, Krystel Boisvert, psychoéducatrice, et Jean-Pierre Robin, formateur et expert en psychoéducation, élaborent le contenu pédagogique. En 2019, la première cohorte démarre en présentiel sur le sol français. « Ce qui nous motivait, c’était de sortir les professionnels des institutions pour intervenir dans le milieu et personnaliser l’approche », explique Julie Allard, psychoéducatrice et formatrice.
Amélie Gormley, psychoéducatrice et formatrice, qui rejoindra le projet plus tard, résume bien l’esprit de cette initiative : « On ne voulait pas juste transférer du contenu, on voulait transformer une posture professionnelle. »
Construire l’avion en vol : les défis d’un programme international
Dès le départ, le Groupe Évie se heurte à un défi colossal : concevoir un programme inédit de 36 heures. « Ce n’est pas une formation, c’est un cours », insiste Marc Prenevost. L’entreprise n’avait jamais créé un contenu d’une telle ampleur. Grâce à l’expertise de Krystel Boisvert, la première cohorte en 2019 confirme la pertinence de l’approche : enthousiasme des participants, pratiques transformées et une étude indépendante qui valide l’impact.
Puis, la pandémie bouleverse tout. Impossible de retourner en France. « On a eu deux murs à escalader. Le premier, on dit bon, ça y est, on est rendu, mais non, il a fallu recommencer », raconte Marc. L’équipe doit transposer le programme en ligne, maîtriser la technopédagogie et adapter le contenu pour un format synchrone et asynchrone. Julie compare l’expérience à « un mur à escalader », tandis qu’Amélie résume le défi en une image forte : « On construisait un avion en vol… et c’était le premier avion qu’on construisait. »
Cette agilité illustre une compétence distinctive du Groupe Évie : transformer les contraintes en opportunités d’innovation. « Personne n’était habitué à offrir ce type de formation à distance », se souvient Amélie. « On a appris en marchant, et on a découvert une passion pour la conception numérique. » Julie ajoute : « Malgré la fatigue et les imprévus, on a gardé le cap. Ce qui nous motivait, c’était l’impact qu’on voyait chez les participants. »
La confiance comme fondation : des partenariats qui font la différence
Si l’AAPIP a pu franchir l’Atlantique et s’implanter en France, c’est avant tout grâce à des relations de confiance tissées avec des partenaires clés. Le Réseau francophone en déficience sensorielle et du langage (RFDSL) et la Fédération nationale des mutualités françaises (FNMF) ont joué un rôle déterminant : promotion du projet, adaptation aux besoins du terrain et mobilisation des professionnels. « On a développé un lien qui dépasse le client. On est dans un lien de confiance et d’amitié quasiment », souligne Marc Prenevost.
Ces partenariats ne se sont pas limités à un appui logistique. Ils ont agi comme de véritables ambassadeurs, ouvrant des portes, invitant le Groupe Évie à des conférences et facilitant la reconnaissance de l’approche auprès des décideurs. Cette stratégie relationnelle, fondée sur l’écoute et la générosité, a permis d’adapter continuellement le programme aux réalités françaises et de bâtir une crédibilité durable. « On compte pas… Il aurait fallu qu’on facture tout ce qu’on fait avec les autres, on aurait fait beaucoup plus d’argent. Mais on a construit davantage le lien que de regarder la rentabilité », confie Marc.
Au-delà des affaires, ces collaborations ont donné naissance à des amitiés sincères et à une communauté de pratique engagée. Ce capital humain est aujourd’hui l’un des plus grands atouts du projet : il assure sa pérennité et son rayonnement bien au-delà des frontières.
Un impact concret sur les pratiques professionnelles
Au Québec, l’approche du Groupe Évie crée ce que Marc appelle des « petits miracles » : mobilisation rapide, création d’un lien de confiance et mise en action des personnes accompagnées. En France, l’AAPIP a eu un effet tout aussi significatif. Les professionnels formés n’ont pas changé de métier, mais de posture.
Les résultats sont visibles : élargissement des possibles, regard centré sur les capacités, activation des leviers de l’environnement et, surtout, un sens renouvelé dans le travail. « Ce qui marque le plus les participants, ce n’est pas seulement le contenu, mais la bienveillance et la proximité qu’on incarne », souligne Amélie Gormley. Julie Allard ajoute : « Même à distance, on a réussi à créer des liens authentiques. Les gens se sentaient accompagnés, pas juste formés. »
Depuis 2019, le programme répond à quatre besoins stratégiques : transformation des pratiques, personnalisation de l’intervention, rétention et attraction du personnel, ainsi que la formation obligatoire à l’autodétermination. « On coche tous les besoins », résume Marc.
La saveur québécoise : un atout distinctif
Le Groupe Évie mise volontairement sur son identité culturelle. « On garde une petite spécificité québécoise dans tout ce qu’on fait », explique Marc Prenevost. Cette authenticité est précieuse : dans le domaine des interventions psychosociales, le Québec est perçu comme étant en avance sur la France, ce qui confère une crédibilité naturelle aux formateurs. La tentation de suradapter le contenu aux réalités françaises est évitée, car les clients eux-mêmes affirment que cela réduirait l’attrait du programme.
Au-delà de la rentabilité : faire vivre la raison d’être à l’échelle internationale
Après la première cohorte et l’étude confirmant l’impact du programme, Marc savait qu’il fallait continuer. « Au début, je ne pensais pas qu’on allait faire de l’argent avec ça », confie-t-il. L’AAPIP répond avant tout à la raison d’être du Groupe Évie : cultiver la dignité et la vitalité, un être humain à la fois.
Former des professionnels devient un levier pour multiplier l’impact : « Si je forme quelqu’un qui intervient comme nous, je rejoins ces gens-là indirectement », explique Marc. Mille professionnels formés, chacun accompagnant une vingtaine de personnes, équivaut à vingt mille vies touchées. « Ça me plaît. Ça me plaît beaucoup », ajoute-t-il.
Plutôt que de maximiser les revenus à court terme, l’entreprise a choisi d’investir dans la confiance et le rayonnement. Le projet apporte aussi des bénéfices intangibles : des défis stimulants, un rayonnement en Europe et une expertise renforcée en conception pédagogique.
Autre force : la continuité malgré les changements de personnel. « On n’a pas senti de scission », souligne Marc. Cette fluidité prouve la solidité de la culture organisationnelle.
La leçon est claire : avec une équipe soudée et une vision partagée, même les projets internationaux sont atteignables. L’AAPIP démontre qu’il est possible de « construire l’avion en vol » — et d’en faire un succès durable inscrit dans l’ADN de l’organisation
Découvrez l’AAPIP : une approche qui change les pratiques et transforme les vies.
L’AAPIP est bien plus qu’un programme de formation : c’est une philosophie qui transforme les pratiques et les vies. Après avoir franchi les frontières, cette approche continue d’évoluer avec une version 2.0 plus interactive et humaine.
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