Et si la France avait une longueur d’avance sur le Québec en matière de bien-être au travail ?
Lors de mon voyage, j’ai découvert une approche qui change la donne : depuis plus de vingt ans, les employeurs français doivent évaluer les risques psychosociaux (RPS), une obligation qui influence la culture du travail et la qualité de vie des employés.
Comme le souligne Yannick Fouda, PhD – psychoéducateur et spécialiste en performance et bien-être au travail – « Le bien-être au travail ne se décrète pas, il se construit pas à pas, avec courage et coopération. »
Malgré cette avance, les défis restent similaires des deux côtés de l’Atlantique. Voici ce que j’ai appris et comment ces leçons peuvent inspirer nos pratiques ici.

Légiférer pour le bien-être : pourquoi la France devance le Québec
En France, la loi impose aux employeurs d’évaluer les risques psychosociaux depuis 2001 (Décret n°2001-1016 et circulaire DRT n°6). Ces obligations, inscrites dans le Code du travail, ont profondément transformé la manière dont les organisations abordent la santé mentale et la qualité de vie au travail. Elles ne se limitent pas à la conformité : elles encouragent la prévention et des pratiques plus humaines.
Certaines entreprises françaises appliquent cette démarche depuis plus d’une décennie, ce qui témoigne d’une culture orientée vers la responsabilité partagée.
Au Québec, la situation évolue enfin : depuis octobre 2025, la réforme de la Loi 27 impose aux employeurs d’intégrer l’évaluation des risques psychosociaux dans leur plan de prévention en santé et sécurité au travail. Une avancée majeure, qui rapproche notre cadre légal de celui de la France, mais dont la mise en œuvre reste un défi pour plusieurs organisations.
Défis partagés, solutions communes : ce que nous avons en commun
Malgré cette avance législative en France, les gestionnaires des deux côtés de l’Atlantique font face aux mêmes enjeux :
- Épuisement professionnel
- Pénurie de main-d’œuvre
- Difficulté à attirer et fidéliser les talents
Nos échanges avec des gestionnaires français et l’analyse de leurs outils ont révélé plusieurs pistes d’amélioration :
1. Mettre en lumière les forces du milieu de travail
Les outils utilisés en France se concentrent souvent sur les problèmes, négligeant les forces et les atouts du milieu professionnel.
2. Redéfinir la responsabilité du bien-être
La qualité de vie au travail est trop souvent perçue comme une responsabilité exclusive des gestionnaires. Elle devrait être partagée par tous les acteurs de l’organisation.
3. Préserver la coopération dans l’évaluation des RPS
L’évaluation des risques psychosociaux peut devenir un terrain de tensions entre syndicats et directions, ce qui nuit à la démarche et à ses résultats.
4. Adapter les outils au secteur de la santé et des services sociaux
Les outils actuels ne sont pas adaptés aux réalités du secteur de la santé et des services sociaux, rendant difficile l’identification des enjeux spécifiques.
Une approche collaborative pour transformer les milieux de travail
Depuis plusieurs années, nous accompagnons des organisations avec une approche basée sur la co-responsabilité entre employeurs et employés.
Cette méthode, inspirée de la Norme canadienne sur la santé et la sécurité psychologique au travail (BNQ, 2013), valorise les forces du milieu et favorise un engagement mutuel pour transformer les environnements professionnels.
De la conformité à la culture : comment la législation transforme le bien-être au travail
En France, l’obligation d’évaluer les risques psychosociaux (RPS) depuis plus de vingt ans ne se limite pas à une formalité : elle a façonné une culture où la prévention et la qualité de vie au travail sont des priorités. Cette approche proactive encourage des pratiques plus humaines et une réflexion continue sur le bien-être des employés.
Au Québec, même si la Loi 27 impose désormais l’intégration des RPS dans les plans de prévention, il reste un défi majeur : transformer cette obligation en véritable levier de changement organisationnel.
Et maintenant, à nous d’agir
Ces observations m’ont confirmé une chose : le bien-être au travail ne dépend pas uniquement des lois, mais aussi de la volonté collective. Comme le rappelle Yannick Fouda, PhD, « Le bien-être au travail ne se décrète pas, il se construit pas à pas, avec courage et coopération. »
Alors, comment pouvons-nous, ici au Québec, transformer nos milieux de travail pour qu’ils soient plus humains ? La réponse commence par un dialogue ouvert, une reconnaissance des forces et une co-responsabilité entre employeurs et employés.
Et vous, quelles actions concrètes votre organisation met-elle en place pour favoriser la qualité de vie au travail ?
Envie d’améliorer la qualité de vie au travail dans votre organisation ?
La France a pris une longueur d’avance avec des lois qui façonnent une culture du travail axée sur le bien-être, tandis que le Québec emboîte le pas avec la Loi 27.
Le véritable défi ? Transformer la conformité en une culture durable de bien-être.
👉 Découvrez nos conseils et approches pour faire de la prévention des risques psychosociaux un levier de performance et d’engagement.