Le 13 février dernier, La Presse rapportait une réalité préoccupante : la santé mentale est devenue la première cause d’arrêt de travail au Québec. Les assureurs observent une hausse marquée des congés liés à l’anxiété, à l’épuisement et à la détresse psychologique. Lire l’article sur le site de La Presse

Derrière ces chiffres, il y a des personnes.
Mais aussi des gestionnaires qui cherchent comment soutenir leur équipe sans toujours savoir par où commencer.

La question n’est plus “Est-ce que cela nous concerne ?”
La question est : “Quelle est la première action pertinente à poser ?”

On appelle souvent les experts lorsque la situation est déjà critique : roulement élevé, conflits persistants, augmentation des arrêts maladie à l’approche d’échéanciers, climat fragile.

Pourtant, comme le rappelle le Dr Yannick Fouda, Directeur du bien-être au travail et de l’innovation au Groupe Évie :

Les situations ne surgissent jamais soudainement. Elles se développent au fil de signaux d’alerte qui passent souvent inaperçus.

  • Fatigue inhabituelle.
  • Irritabilité.
  • Erreurs répétées.
  • Tensions non résolues.
  • Surcharge émotionnelle, particulièrement dans les emplois en contact avec la clientèle.

Ces indicateurs ne sont pas anodins. Ils sont souvent les premiers marqueurs d’un déséquilibre qui, s’il n’est pas adressé, peut mener à l’épuisement.

Des stratégies concrètes pour agir

La prévention en santé psychologique ne repose pas sur une seule action spectaculaire. Elle s’appuie sur un ensemble de gestes cohérents.

Voici quelques leviers efficaces que les organisations peuvent mettre en place :

1. Soutien psychosocial individuel en milieu de travail

Accompagner les travailleurs lorsqu’ils traversent une période plus vulnérable.
Soutenir également les gestionnaires dans leur rôle délicat d’observateur, de communicateur et de décideur.

Un accompagnement ciblé permet souvent d’éviter qu’une situation temporaire ne devienne un arrêt prolongé.

2. Sensibilisation du milieu

Des ateliers pour :

  • Comprendre les mécanismes du stress
  • Distinguer stress utile et stress nocif
  • Reconnaître les premiers signes d’essoufflement
  • Normaliser les comportements de récupération

La sensibilisation permet de créer un langage commun et de réduire la stigmatisation.

3. Évaluation des risques psychosociaux et plan d’action

Depuis l’entrée en vigueur des nouvelles obligations en matière de prévention, les employeurs doivent identifier et analyser les risques psychosociaux : surcharge, manque d’autonomie, reconnaissance insuffisante, incivilités, harcèlement, charge émotionnelle, etc.

Mais au-delà de la conformité légale, cette démarche offre surtout une lecture claire de ce qui fragilise réellement les équipes.

Un diagnostic bien posé permet d’agir sur les causes profondes plutôt que de multiplier des initiatives ponctuelles.

4. Coaching des gestionnaires

Les gestionnaires sont souvent au cœur de la prévention… sans avoir toujours les outils nécessaires.

Les accompagner permet de :

  • Développer leur capacité d’observation
  • Ajuster leur posture
  • Mieux gérer les conversations délicates
  • Clarifier les attentes et la charge de travail

Un gestionnaire soutenu devient un facteur de protection pour son équipe.

Le piège des grandes transformations

Face à l’ampleur du phénomène, certaines organisations hésitent.
Elles peuvent avoir l’impression que la prévention exige un chantier colossal, coûteux et complexe.

Pourtant, l’immobilisme demeure le plus grand risque lorsque le défi semble trop imposant.

Il est naturel d’hésiter devant un enjeu d’une telle portée. Mais les transformations durables prennent racine dans un premier geste posé avec intention. C’est ce point d’appui qui permet d’ancrer la démarche et de bâtir la suite avec cohérence.

  • Un atelier ciblé.
  • Un diagnostic exploratoire.
  • Un accompagnement ponctuel.
  • Une discussion stratégique.

Chaque organisation avance à son rythme. L’essentiel est de poser une première action réfléchie — celle qui ouvre la voie au reste.

Des ressources pour amorcer la réflexion

Parce qu’agir tôt change tout

Une équipe qui se sent soutenue consulte plus tôt.
Un gestionnaire outillé intervient plus rapidement.
Une organisation qui observe ses signaux d’alerte évite les crises.

La santé mentale au travail n’est pas un enjeu ponctuel.
C’est un facteur déterminant de performance durable.

Et souvent, tout commence par une seule décision :
celle de poser un premier geste.

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Notre boîte à outils gratuite propose des repères et des ressources pour amorcer la démarche.

Parfois, la première action est simplement d’ouvrir la conversation.